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Portrait et statistiques de l’industrie de la construction

L’industrie de la construction est un moteur économique important non pas seulement au Québec et au Canada, mais bien pour l’ensemble des pays du globe. Cette industrie est d’ailleurs souvent utilisée afin de stimuler l’économie d’un pays donné lorsque celui-ci tourne au ralenti. Ce fut d’ailleurs le cas, lors de la crise économique et financière mondiale de 2008 et 2009, alors que plusieurs gouvernements dans le monde ont investi massivement en infrastructures publiques pour relancer leur économie.

L’industrie québécoise n’échappe pas à cet état de fait. En effet, les investissements en construction ont totalisé 45,4 milliards de dollars en 2014, soit 23,3 milliards dans le secteur de la construction non résidentielle et 22,1 milliards dans la construction résidentielle. Le graphique suivant illustre les investissements en construction non résidentielle des 10 dernières années. Les investissements inscrits à l’an 2015 constituent une prévision.

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On constate ici que les investissements publics (en rouge) sont demeurés tout compte fait inchangés depuis 2010, avant de diminuer légèrement en 2014. Or, puisqu’il y a de l’inflation dans les coûts de construction comme dans tous les secteurs de l’économie, une stagnation des investissements publics en dollars courants implique nécessairement une diminution de l’activité réelle en construction. Cependant, il faut tout de même admettre que les investissements publics en infrastructures sont à des niveaux élevés par rapport aux moyennes historiques, alors qu’ils sont passés de 9,1 milliards en 2006 à environ 15 milliards en 2015.

Dans le cas du secteur privé (en turquoise), la contraction des investissements prévus se poursuit en 2015. En fait, certains grands projets miniers se terminent dans le Nord québécois, au même moment où la chute du prix des ressources naturelles, notamment le fer, devrait exacerber la diminution des investissements privés au cours des prochaines années. Les investissements commerciaux sont eux aussi en baisse en 2015, bien que les nouveaux projets de tours d’habitation mixte dans les régions métropolitaines du Québec soutiennent le secteur. Mince lueur d’espoir, le secteur de la fabrication devrait profiter de la dépréciation du taux de change canadien par rapport à la devise américaine, ainsi que de la reprise de la première économie mondiale. Il serait cependant bien surprenant qu’à lui seul, ce secteur annule la contraction des investissements privés à venir dans la province.

Côté résidentiel, le boom immobilier qui a débuté en 2003 semble maintenant chose du passé, alors que les mises en chantiers évoluent légèrement en deçà de la formation des nouveaux ménages dans la province (voir la ligne orange et l’échelle à droite du graphique).

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D’un peu plus de 50 000 en 2010, les mises en chantiers ont constamment diminué et devraient atteindre 34 200 en 2015. Ceci devrait durer encore quelque temps, puisque la Société canadienne d’hypothèques et de logement anticipe 34 400 mises en chantiers en 2016 et 35 000 en 2017, ce qui devrait permettre de resserrer le marché de la revente à travers la province. Ceci a bien évidemment un impact direct sur l’investissement en construction résidentielle neuve (la bande rouge et l’échelle de gauche sur le graphique), qui est elle aussi en déclin depuis 2010. À l’inverse, la rénovation domiciliaire (la bande bleue et l’échelle de gauche sur le graphique) suit une tendance complètement opposée depuis plusieurs années. En effet, les investissements en construction dans ce domaine ont constamment augmenté pour atteindre 14,4 milliards de dollars en 2014. Cette tendance devrait se poursuivre encore en 2015, alors que la majorité des économistes prévoient que nous assisterons à une forte croissance de ce secteur encore cette année.

La croissance de l’industrie de la construction a été non seulement rapide, mais aussi pratiquement ininterrompue entre le milieu des années 1990 jusqu’en 2012. À partir de ce moment, une contraction s’est fait sentir, contraction qui provient principalement du secteur privé non résidentiel et du secteur résidentiel neuf. Est-ce que la diminution du taux de change canadien par rapport au dollar américain et la reprise de l’économie de notre voisin du sud pourra renverser cette tendance lourde ? Rien n’est moins certain pour le moment.