Association de la construction du Québec

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Pénurie de main-d’œuvre : l’ACQ estime qu’il y a un manque important de travailleurs de la construction sur la Côte-Nord

Communiqué | Nord-Est du Québec

Partager Pénurie de main-d’œuvre : l’ACQ estime qu’il y a un manque important de travailleurs de la construction sur la Côte-Nord

Après avoir dévoilé à Montréal en octobre dernier les résultats d’une étude réalisée par la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) démontrant le manque de près de 20 000 travailleurs dans l’industrie de la construction, l’Association de la construction du Québec (ACQ) a présenté aujourd’hui, à l’Hôtel des Gouverneurs de Sept-Îles, le portrait de la situation pour la région de la Côte-Nord. Selon l’étude de RCGT, si les travailleurs nord-côtiers voulaient effectuer l’entièreté des travaux réalisés dans leur région au cours des 10 prochaines années, il manquera en moyenne plus de 1 700 de travailleurs par année.

Il manque un peu plus de 1 700 travailleurs de la construction sur les chantiers de la Côte-Nord

En 2019, si les travailleurs nord-côtiers avaient voulu effectuer la totalité des travaux dans leur région eux-mêmes, l’ACQ estime qu’il aurait fallu 1 720 travailleurs locaux de plus pour y arriver, signe que l’activité économique se porte toujours bien dans le secteur de la construction.

« En effectuant une moyenne des 10 prochaines années, ce sont plus de 1 700 travailleurs de plus dont l’industrie a besoin sur la Côte-Nord pour répondre à la demande. Dans la région, ce sont presque tous les métiers de la construction qui souffrent d’un manque de main-d’œuvre », constate l’économiste de l’ACQ, Jean-Philippe Cliche.

L’ACQ estime également qu’il y aura toujours un manque à gagner de près de 1 700 travailleurs en 2023, alors qu’en 2028 ce sont près de 1 950 travailleurs de plus qui seront nécessaires à l’industrie pour arriver à des moyennes travaillées dites « normales », et ce, si les tendances observées en matière de recrutement de la main-d’œuvre ne changent pas dans le futur et si les investissements prévus sont bel et bien au rendez-vous.

« En regardant la situation de plus près [au tableau 1], on s’aperçoit que sur les 26 métiers de la construction, 20 d’entre eux sont en situation de pénurie de main-d’œuvre dans la région, alors que les métiers de cimentier-applicateur, ferrailleur, grutier, mécanicien de chantier, mécanicien de machinerie lourde, monteur-assembleur, opérateur de pelle, opérateur d’équipement lourd, peintre, boutefeu et foreur, manœuvre et soudeur sont tous en grave situation de pénurie présentement », remarque l’économiste de l’ACQ.

Tableau 1 - Analyse des écarts entre la demande et l’offre de main-d’œuvre – Région de la Côte-Nord

Une région importatrice de main-d’œuvre

Signe des effets de la pénurie dans la région, on constate également que la Côte-Nord est la région qui importe le plus de main-d’œuvre des autres régions du Québec, alors que les travailleurs nord-côtiers ont effectué un peu moins que 60 % des heures travaillées dans la région, selon les données recueillies par l’ACQ.

Ce sont principalement des travailleurs domiciliés dans la Capitale-Nationale, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie qui sont venus combler le manque à gagner de travailleurs sur la Côte-Nord.

« Nous considérons que de lever les barrières de la mobilité de main-d’œuvre pourrait servir une région comme la Côte-Nord. Des travailleurs provenant du Saguenay-Lac-Saint-Jean, du Bas-Saint-Laurent ou de la Gaspésie, où les effets de la pénurie se font moins ressentir, pourraient venir aider les entreprises d’ici à créer de la richesse dans la région, une région qui manque actuellement de main-d’œuvre pour suffire à la demande », souligne M. Cliche.

Fait à noter, la région de la Côte-Nord exporte aussi de la main-d’œuvre ailleurs au Québec, spécialement lorsque la région souffre d’un manque de grand projets. D’ailleurs, une étude économique de la CCQ réalisée en 2015 indiquait que « Pendant des années de forte activité sur la Côte-Nord, des travailleurs des autres régions du Québec trouvent du travail dans cette région. De même, les travailleurs de la Côte-Nord trouvent aussi du travail dans les autres régions, lorsque celles-ci enregistrent de fortes activités1. »

Les conséquences d’une industrie qui roule à plein rendement

Un an après avoir tiré la sonnette d’alarme, l’ACQ admet que la situation est maintenant plus problématique que jamais pour l’ensemble du Québec, notamment dans les grands centres comme Montréal et Québec. D’ailleurs, les entrepreneurs en construction vivent difficilement avec les conséquences de cette pénurie.

Selon un sondage de la Commission de la construction du Québec (CCQ) datant du mois d’août 2019, les entrepreneurs en construction sont unanimes : seulement 1 % d’entre eux croient que les difficultés à embaucher sont moins intenses que dans les 12 derniers mois. Dans le même sondage, 77 % affirment ne pas avoir été en mesure de pourvoir tous leurs postes de compagnons, 67 % leurs postes d’apprentis et 72 % leurs postes d’occupation.

Or, les conséquences sont majeures : les entrepreneurs affirment que leur entreprise est moins rentable ou concurrentielle (62 %), ils refusent des contrats (61 %), travaillent plus d’heures eux-mêmes (60 %), alors que plus de la moitié d’entre eux affichent des retards dans la livraison de leurs contrats (58 %). Pour faire face à la pénurie, ils reportent ou étalent des contrats (55 %) ou embauchent et forment des travailleurs moins expérimentés (44 %).

Un virage technologique de plus en plus incontournable

Selon l’ACQ, un virage technologique de grande envergure est une solution incontournable à la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la construction. En fait, l’ACQ fonde beaucoup d’espoir sur l’utilisation des technologies et des nouvelles techniques de production, car elles permettraient non seulement d’améliorer la productivité en chantier, mais elles permettraient aussi d’atténuer les effets de la pénurie de main-d’œuvre.

« L’industrie de la construction est une des moins productives tous secteurs confondus au Canada. Pour améliorer notre productivité, nous devrons améliorer nos méthodes de production et la région de la Côte-Nord n’en fait pas exception. Si les entreprises de la région veulent continuer de croître et atténuer le manque de main-d’œuvre, elles devront elles aussi emboîter le pas des nouvelles technologies de la construction », estime l’économiste de l’ACQ.

L’ACQ termine sa tournée sur la Côte-Nord

Au cours des dernières semaines, l’ACQ a visité plus d’une dizaine de régions au Québec afin de dévoiler les résultats de son étude et proposer aux entrepreneurs en construction une série de solutions à court, moyen et long terme.

Parmi les solutions avancées pendant la tournée, l’ACQ a proposé divers changements réglementaires à la CCQ pour, entre autres, améliorer la gestion des bassins de main-d’œuvre, améliorer l’offre de formation dans les régions en fonction des besoins identifiés par l’ACQ et réduire les délais administratifs pour la reconnaissance des acquis pour les nouveaux arrivants et les travailleurs d’industries connexes.

Finalement, l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA), Ressources entreprises et ACCLR ont accompagné l’ACQ durant sa tournée, afin d’offrir des conseils aux entrepreneurs au sujet du recrutement et de la rétention de la main-d’œuvre, ainsi que pour les programmes de financement en matière d’employabilité et de formation.

Calendrier de la Tournée des régions 2019 de l’ACQ – Pénurie de main-d’œuvre

Date Région Ville
10 octobre MTL Lancement à Montréal
22 octobre EST Sherbrooke
23 octobre OUT Gatineau
29 octobre LL Laval
30 octobre MTG La Prairie
6 novembre MBFL Trois-Rivières
13 novembre ABI Rouyn
19 novembre SAG Alma
21 novembre BSL Rimouski
2 décembre NE Baie-Comeau
3 décembre NE Sept-Îles

À propos de l’ACQ
Principal groupe de promotion et de défense des intérêts des entrepreneurs de l’industrie québécoise de la construction, l’Association de la construction du Québec (ACQ) est le plus important regroupement multisectoriel à adhésion volontaire de cette industrie. En vertu de la loi R-20, l’ACQ est l’agent patronal négociateur pour tous les employeurs des secteurs institutionnel-commercial et industriel (IC/I). L’ACQ représente 17 719 entreprises qui génèrent plus de 62 % des heures totales travaillées et déclarées dans l’industrie. Elle est également présente dans le secteur résidentiel par l’entremise de ses Plans de garantie ACQ (PGA). Grâce à un réseau de 10 associations régionales implantées dans 16 villes du Québec, elle offre à ses membres une multitude d’outils et de services.

Pour information
Guillaume Houle | Relations médias
Téléphone : 514 354-8249, poste 2173
Cellulaire : 514 607-7210
houleg@prov.acq.org
Twitter : @ACQprovinciale

1 https://www.ccq.org/-/media/Project/Ccq/Ccq-Website/PDF/Recherche/DossiersSpeciaux/Mobilite_CN.pdf

Contact presse et médias

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