Association de la construction du Québec

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Pénurie de main-d’œuvre : l’ACQ estime que certains métiers de la construction pourraient se retrouver en situation de pénurie au Bas-Saint-Laurent-Gaspésie

Communiqué | Bas-Saint-Laurent / Gaspésie / Les Îles

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Plus d’un mois après avoir dévoilé les résultats d’une étude réalisée par la firme Raymond Chabot Grant Thornton (RCGT) démontrant le manque de près de 20 000 travailleurs dans l’industrie de la construction, l’Association de la construction du Québec (ACQ) a présenté aujourd’hui, à l’Hôtel Rimouski, le portrait de la situation pour la région du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie. Selon l’étude de RCGT, il manquera en moyenne plus de 160 travailleurs par année au cours des 10 prochaines années dans la région.

Certains métiers pourraient se retrouver en situation de pénurie

Lorsque l’on compare la situation du Bas-Saint-Laurent-Gaspésie à celle de plusieurs autres régions du Québec, on remarque que le manque de travailleurs est spécifique à certains métiers en particulier. En effet, même si les enjeux de main-d’œuvre dans la région ne sont pas aussi prononcés que dans les régions des grands centres urbains, l’analyse de l’ACQ révèle tout de même que la situation pour certains métiers pourrait être problématique.

En regardant la situation de plus près au tableau 1, on s’aperçoit que quelques métiers comme ferrailleur, grutier, mécanicien de chantier, mécanicien de machinerie lourde ou opérateur d’équipement lourd pourraient se retrouver en situation de grave pénurie de main-d’œuvre dans la région si rien n’est fait pour rectifier la situation.

« Il faudra assurément que la région s’attaque à la pénurie de mécaniciens de chantier et de mécaniciens de machinerie lourde, et ce, à très court terme. Dans une région comme le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, lorsqu’il manque une quinzaine de ferrailleurs ou de grutiers, une vingtaine de mécaniciens de machinerie lourde, une cinquantaine de mécaniciens de chantier, les impacts sur les chantiers de construction sont loin d’être négligeables », souligne l’économiste de l’ACQ, Jean-Philippe Cliche.

Tableau 1 - Analyse des écarts entre la demande et l’offre de main-d’œuvre – Région du Bas-Saint-Laurent-Gaspésie

Une région exportatrice de main-d’œuvre

À la lumière des informations recueillies par l’ACQ, on constate également que la région du Bas-Saint-Laurent-Gaspésie figure parmi les trois régions qui exportent le plus de main-d’œuvre, avec le Saguenay-Lac-Saint-Jean et la Mauricie-Bois-Francs. En effet, les travailleurs de la région ont effectué plus de 5 millions d’heures de travail au cours de l’année 2018, alors qu’il s’est travaillé près de 4 millions d’heures dans la région. En d’autres mots, pour chaque 10 heures travaillées par un salarié de la construction bas-laurentien ou gaspésien, 8 heures sont effectuées dans leur région et 2 heures dans une autre région du Québec.

« On remarque que les salariés domiciliés au Bas-Saint-Laurent ou en Gaspésie travaillent plus que la moyenne à l’extérieur de la région de leur domicile. Ils vont majoritairement travailler sur la Côte-Nord ou dans les grands centres (Montréal et Québec) », constate M. Cliche.

Les conséquences d’une industrie qui roule à plein rendement

Un an après avoir tiré la sonnette d’alarme, l’ACQ admet que la situation est maintenant plus problématique que jamais pour l’ensemble du Québec, notamment dans les grands centres comme Montréal et Québec, et que les entrepreneurs en construction vivent difficilement avec les conséquences de cette pénurie.

Selon un sondage de la Commission de la construction du Québec (CCQ) datant du mois d’août 2019, les entrepreneurs en construction sont unanimes : seulement 1 % d’entre eux croient que les difficultés à embaucher sont moins intenses que dans les 12 derniers mois. Dans le même sondage, 77 % affirment ne pas avoir été en mesure de pourvoir tous leurs postes de compagnons, 67 % leurs postes d’apprentis et 72 % leurs postes d’occupation.

Or, les conséquences sont majeures : les entrepreneurs affirment que leur entreprise est moins rentable ou concurrentielle (62 %), ils refusent des contrats (61 %), travaillent plus d’heures eux-mêmes (60 %), alors que plus de la moitié d’entre eux affichent des retards dans la livraison de leurs contrats (58 %). Pour faire face à la pénurie, ils reportent ou étalent des contrats (55 %) ou embauchent et forment des travailleurs moins expérimentés (44 %).

En ce sens, l’ACQ invite le gouvernement Legault à s’attaquer à la pénurie de main-d’œuvre dans l’industrie de la construction en priorité puisque des investissements importants sont prévus en matière d’infrastructures gouvernementales, notamment dans les infrastructures scolaires.

Un virage technologique de plus en plus incontournable

Selon l’ACQ, un virage technologique de grande envergure est une solution incontournable à la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la construction. En fait, l’ACQ fonde beaucoup d’espoir sur l’utilisation des technologies et des nouvelles techniques de production, car elle permettrait non seulement d’améliorer la productivité en chantier, mais elle permettrait aussi d’atténuer les effets de la pénurie de main-d’œuvre.

« L’industrie de la construction est une des moins productives tous secteurs confondus au Canada. Pour améliorer notre productivité, nous devrons améliorer nos méthodes de production et les régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie n’en font pas exception. Si les entreprises de ces régions veulent continuer de croître et de soumissionner sur des projets à l’extérieur de leur région, elles devront elles aussi emboîter le pas des nouvelles technologies de la construction », estime l’économiste de l’ACQ.

À cet égard, l’ACQ invite les différents paliers de gouvernement à se pencher rapidement sur des solutions pour aider les entreprises, notamment les entreprises de 5 employés et moins, à procéder à un virage technologique important au cours des prochaines années.

L’ACQ en tournée à travers le Québec

Au cours des prochaines semaines, l’ACQ visitera plus d’une dizaine de régions au Québec pour dévoiler les résultats de son étude et proposer aux entrepreneurs en construction une série de solutions à court, moyen et long terme, afin de pallier le manque de main-d’œuvre auquel devra faire face l’industrie dans les 10 prochaines années.

Parmi les solutions avancées pendant la tournée, l’ACQ propose divers changements réglementaires à la CCQ pour, entre autres, améliorer la gestion des bassins de main-d’œuvre, améliorer l’offre de formation dans les régions en fonction des besoins identifiés par l’ACQ et réduire les délais administratifs pour la reconnaissance des acquis pour les nouveaux arrivants et les travailleurs d’industries connexes.

Finalement, l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés (CRHA), Ressources entreprises et ACCLR accompagneront l’ACQ dans sa tournée pour offrir des conseils aux entrepreneurs en matière de recrutement, de rétention et de programmes de financement en matière d’employabilité et de formation.

Calendrier de la Tournée des régions 2019 de l’ACQ – Pénurie de main-d’œuvre

Date Région Ville
10 octobre MTL Lancement à Montréal
22 octobre EST Sherbrooke
23 octobre OUT Gatineau
29 octobre LL Laval
30 octobre MTG La Prairie
6 novembre MBFL Trois-Rivières
13 novembre ABI Rouyn
19 novembre SAG Alma
21 novembre BSL Rimouski
2 décembre NE Baie-Comeau
3 décembre NE Sept-Îles

À propos de l’ACQ
Principal groupe de promotion et de défense des intérêts des entrepreneurs de l’industrie québécoise de la construction, l’Association de la construction du Québec (ACQ) est le plus important regroupement multisectoriel à adhésion volontaire de cette industrie. En vertu de la loi R-20, l’ACQ est l’agent patronal négociateur pour tous les employeurs des secteurs institutionnel-commercial et industriel (IC/I). L’ACQ représente 17 719 entreprises qui génèrent plus de 62 % des heures totales travaillées et déclarées dans l’industrie. Elle est également présente dans le secteur résidentiel par l’entremise de ses Plans de garantie ACQ (PGA). Grâce à un réseau de 10 associations régionales implantées dans 16 villes du Québec, elle offre à ses membres une multitude d’outils et de services.

Pour information
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Twitter : @ACQprovinciale

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