Budget du Québec 2026-2027: Un budget en demi-teinte pour le secteur de la construction
18 mars 2026
Communiqués
L’Association de la construction du Québec (ACQ) dresse un portrait mitigé du budget du Québec présenté aujourd’hui par le ministre des Finances, Éric Girard. Malgré une autre hausse du Plan québécois des infrastructures (PQI), qui est porté à 167 G$ sur l’horizon, 2026-2036, plusieurs zones d’ombres subsistent sur des enjeux structurants de l’industrie et qui risquent d’empêcher la construction d’atteindre son plein potentiel.
En plus d’un rehaussement des investissements en infrastructures de plus de 5 G$ sur six ans (de 2025-2026 à 2030-2031), l’ACQ souligne l’augmentation de la part accordée au maintien des actifs, alors que 71 % des sommes investies seront allouées au maintien des infrastructures existantes. Ceci répond à une demande répétée de l’ACQ d’investir davantage dans les infrastructures existantes.
Soulignons également l’amélioration de la prévisibilité des projets grâce à la liste des appels d’offres à venir qui a été publiée le mois dernier par la Société québécoise des infrastructures (SQI). Même si une évaluation indépendante des besoins en infrastructures demeure nécessaire, cette liste des projets d’infrastructure publique qui sont actuellement à l’étape d’étude, de planification ou en réalisation au PQI est une avancée pour une meilleure prévisibilité et un meilleur contrôle des coûts.
Des enjeux de main-d’œuvre qui menacent la réalisation de l’ensemble des projets
Depuis de nombreuses années, l’ACQ martèle que l’enjeu de la pénurie de main-d’œuvre représente un des principaux défis pour les entrepreneurs. Rappelons qu’il faudra recruter 16 000 personnes par année pour répondre aux besoins de l’industrie, selon la CCQ.
L’augmentation du PQI est une bonne nouvelle que nous saluons pour stimuler l’économie et soutenir le secteur de la construction. Toutefois, la quantité importante de projets d’infrastructures, combinée aux besoins majeurs d’Hydro-Québec pour la réalisation de son Plan 2035, exercent une forte pression sur le bassin de main-d’œuvre disponible. Cette situation pourrait placer le gouvernement devant des choix difficiles de priorisation.
Il est inquiétant de constater que le budget prévoit peu de mesures ciblées visant la formation de plus de travailleurs de la construction. L’ACQ réitère sa recommandation visant à entamer un vaste chantier pour réviser de manière exhaustive le système d’enseignement des métiers de la construction et mieux aligner l’offre de formations sur les besoins du marché du travail.
Un budget qui ne répond pas à la crise du logement
Le budget prévoit des investissements pour la construction de 1 000 logements abordables, réalisés principalement dans le cadre du Programme d’habitation abordable Québec (PHAQ). Il prévoit également une somme de près de 584 M$ sur cinq ans pour la mise en place du volet adaptation du programme Rénoclimat et la bonification du programme LogisVert.
Malgré ces mesures positives, le budget 2026-2027 ne permettra pas de s’attaquer sérieusement à la crise du logement et de l’abordabilité qui touche le Québec. Le gouvernement prévoit même une diminution des mises en chantiers au cours des prochaines années, à 56 000 unités en 2026 et à 49 000 unités en 2027, en baisse par rapport au niveau de 2025.
Alors qu’on devrait doubler le nombre de mises en chantier, on se dirige plutôt dans la direction inverse et le gouvernement ne prévoit pas de stratégie globale pour s’attaquer à la crise.
Des sommes importantes de 955 M$ sur neuf ans provenant du Fonds canadien pour les infrastructures liées au logement sont prévues pour augmenter la capacité et l’efficacité des infrastructures d’eau. Ces investissements, ainsi que le rehaussement de 150 M$ de l’enveloppe d’investissements du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, ne pourront toutefois répondre qu’à une partie de l’ensemble des besoins municipaux pour les infrastructures en eau. Rappelons que cet enjeu vient freiner la construction résidentielle et contribue à accroitre la crise du logement.
Des sommes destinées à l’innovation et aux entreprises
La construction fait face à un important défi de productivité et salue en ce sens les sommes prévues pour accroitre l’innovation et la productivité, dont un montant de 7 M$ sur deux ans pour appuyer l’intégration des solutions technologiques comme le BIM et l’acquisition des compétences nécessaires à leur utilisation. Ces sommes devraient notamment permettre de réduire le fardeau administratif des entreprises.
Cependant, il s’agit de la seule mesure inhérente à l’allègement du fardeau administratif, malgré les nombreuses propositions faites en ce sens par l’ACQ. De plus, nous attendrons les détails du 700 M$ prévus pour soutenir l’adaptation des entreprises au nouveau contexte économique, qui bénéficieront aux entreprises en construction.
À propos de l’ACQ
Principal groupe de promotion et de défense des intérêts des entrepreneurs de l’industrie québécoise de la construction, l’Association de la construction du Québec (ACQ) est le plus important regroupement multisectoriel à adhésion volontaire de cette industrie. En vertu de la loi R-20, l’ACQ est l’agent patronal négociateur pour tous les employeurs des secteurs institutionnel-commercial et industriel (IC/I). L’ACQ représente plus de 20 000 entreprises qui génèrent plus de 64 % des heures totales travaillées et déclarées dans l’industrie. Elle est également présente dans le secteur résidentiel, notamment parce que les heures travaillées lors de la construction d’immeubles résidentiels de 6 étages ou plus sont déclarées dans le secteur commercial, ainsi que par l’entremise de sa filiale ACQ-Résidentiel. Grâce à un réseau de 10 associations régionales implantées dans 17 villes du Québec, elle offre à ses membres une multitude d’outils et de services.
Pour information :
Félix Rhéaume | Directeur, Affaires publiques et gouvernementales
Cellulaire : 514 912-2639
rheaumef@acq.org